ZZZ Ce que je ne fais pas

Clarifier les limites pour éviter les malentendus

Cette page ne décrit pas des manques, mais des choix.

Elle vise à expliciter ce que je ne fais pas, non par principe, mais parce que ces pratiques produisent souvent plus de confusion que de compréhension.

Clarifier ces limites est une condition de travail honnête.

Je ne fournis pas de recettes universelles

Je ne propose pas de méthodes « clés en main », applicables indistinctement à tous les contextes.

Les situations sociales, organisationnelles et économiques sont situées, et toute prétention à l’universalité produit des angles morts.

Les méthodes ne valent jamais indépendamment :

       •    des questions posées,

       •    des contextes,

       •    des acteurs concernés.

Je ne délègue pas la décision aux modèles

Je n’utilise pas les modèles comme des dispositifs de décision automatique.

Les modèles éclairent, structurent, déplacent parfois le regard — ils ne décident jamais à la place des acteurs.

Utiliser un modèle comme un verdict revient à externaliser une responsabilité qui reste fondamentalement humaine.

Je ne confonds pas indicateurs et réalité

Je ne considère pas les indicateurs, les scores ou les KPI comme des descriptions fidèles du réel.

Ils sont des constructions, utiles sous conditions, mais toujours partielles.

Un indicateur n’épuise jamais :

       •    un comportement,

       •    une relation,

       •    une dynamique collective.

Je ne promets pas de prédiction fiable

Je ne présente pas les données comme des instruments de prédiction certaine.

Les projections reposent sur des hypothèses fragiles, souvent implicites, et sur des stabilités rarement garanties.

La statistique peut réduire l’incertitude, elle ne l’abolit pas.

Je ne réduis pas les publics à des catégories figées

Je n’aborde pas les publics comme des ensembles homogènes définis une fois pour toutes.

Les catégories — segments, profils, personas — sont des outils analytiques, pas des essences.

Les relations, les contextes et les trajectoires importent autant que les attributs.

Je ne naturalise pas les modèles

Je ne traite pas les modèles comme des représentations naturelles du fonctionnement social ou économique.

Les modèles sont des constructions historiques, culturellement situées, porteuses de métaphores et de choix implicites.

Les utiliser sans distance critique revient à confondre outil et réalité.

Je ne fais pas disparaître l’incertitude

Je ne cherche pas à masquer l’incertitude par des chiffres, des seuils ou des visualisations rassurantes.

L’incertitude fait partie intégrante de toute analyse sérieuse.

La rendre invisible ne la supprime pas ; elle la déplace.

Ce que cela implique

Ces refus impliquent une manière de travailler qui privilégie :

       •    la clarification des hypothèses,

       •    la discussion des limites,

       •    l’articulation des méthodes,

       •    la responsabilité dans l’interprétation et l’usage des résultats.

Ils impliquent aussi d’accepter que certaines questions n’aient pas de réponse simple.

Ligne de conduite

Ne pas faire certaines choses n’est pas une posture négative.

C’est une condition de rigueur.

Ce que je fais

→ Décider avec des données

→ Méthode